Google Chrome

Partant du constat que le temps passé sur internet est en constante augmentation, Google a décidé de créer un navigateur qui soit rapide, dynamique et innovant, afin d'économiser du temps d'une part, mais également d'être adapté au contenu des pages web qui évoluent et se complexifient année après année6. En effet, Chrome ne se veut pas être un simple navigateur, mais un logiciel destiné à optimiser le fonctionnement des services en ligne et, à terme, de promouvoir le cloud computing7.

Depuis début 2007 (voire bien avant8), des rumeurs concernant la conception d'un navigateur Internet par Google circulaient sur Internet. Google avait acheté le nom de domaine « Gbrowser.com », ce qui signifie « navigateur internet G », la lettre G renvoyant à Google comme pour Gmail9.

Néanmoins, on apprendra lors d'une conférence en juillet 2009 qu'Eric Schmidt, le PDG de Google, a déclaré que depuis six ans, il était contre la volonté des co-fondateurs Sergey Brin et Larry Page de construire un navigateur Web indépendant et un système d'exploitation. Il a expliqué que la société était faible à l'époque et qu'il ne voulait pas subir les dégâts d'une guerre concurrentielle avec les grands navigateurs alors présents. Par la suite, les fondateurs ont embauché plusieurs développeurs de Firefox et ont construit une version de démonstration de Chrome. Depuis, Eric Schmidt, s'est ravisé puis est devenu un grand partisan de Chrome et de Chrome OS10.

Le projet a dès lors été imaginé et conceptualisé dans une ferme danoise dès le début 2007, par Lars Bak qui ne voulait pas s'expatrier du Danemark pour travailler au Googleplex en Californie. Il affirma : « Mais ma femme et moi voulions que nos filles grandissent en Danoises11 ».

Après plus d'un an et demi de travail, l'annonce de sortie était programmée le 3 septembre 2008, et une bande dessinée par Scott McCloud devait être envoyée aux journalistes et blogueurs en expliquant les caractéristiques et les motivations du nouveau navigateur, mais suite à un incident, l'annonce et la publication de la BD se fit deux jours plus tôt, le 1er septembre 2008.

Émergence d'un nouveau navigateur[modifier]

Sad Tab

Le 1er septembre 2008 a été publiée une bande dessinée4 créée par le dessinateur Scott McCloud expliquant les différentes fonctionnalités du navigateur et les évolutions que celui-ci apporte en termes de performance par rapport à ceux existants à l'heure actuelle sur le marché. Elle met en scène les développeurs du logiciel. La sortie du navigateur a été une surprise générale12,13, puisque Google est resté silencieux jusqu'à la publication de la BD, et n'a pas « préparé le terrain ».

La première version bêta est disponible depuis le 2 septembre 2008 pour les systèmes Microsoft Windows version XP SP2 et ultérieurs14. Sacompilation nécessite Microsoft Visual Studio15. Lors de sa sortie, le jeune navigateur était en concurrence avec Internet Explorer 7 qui allait prendre sa retraite en mars 2009, et Safari 3, bientôt remplacé par la version 4 fin février 2009, ainsi que Mozilla Firefox 3 principalement. Des versions Linux etMac ont été lancées début décembre 2009.

Pour les développeurs ayant la volonté de réutiliser tout ou partie de la technologie à la base du navigateur de Google, le code source a été mis intégralement, gratuitement et librement à disposition de la communauté open source sous le nom de code de « Chromium », mais sous des licences diverses16.

La version 1.0, c'est-à-dire celle définitive et stable, a été lancée le 25 décembre 2008, sans apporter d'innovation17.

Montée d'un concurrent, fruit d'une politique novatrice[modifier]

En moins d'un mois, les statistiques ont montré que Chrome avait acquis 1 % des utilisateurs. Cet afflux s'explique par le buzz généré par un tel événement, et se confirme lorsqu'une fois l'hystérie passée, Chrome a affiché une légère baisse18. Dès ses premiers jours Chrome bénéficie d'un accord avec Sony qui l'installe dorénavant sur ses PC en tant que navigateur par défaut au détriment d'Internet Explorer19.

Lors de chaque nouvelle version, les performances du navigateur s'accroissent, principalement en termes de vitesse. Ainsi, depuis sa première version, on a constaté sur la bêta de la version 5 un gain de cette vitesse compris entre 213 % et 305 %20. L'essoufflement d'Internet Explorer couplé au succès du navigateur le font passer devant Safari aux États-Unis, ce qui lui offre la troisième position en part de marché21.

La politique de Google semble être grandement responsable du succès de Chrome. En effet, face à une évolution rapide d'internet et de son contenu, ainsi qu'au matériel informatique, Google a opté pour un rythme de développement très rapide; chaque version étant espacée d'un mois. Contrairement à la concurrence qui préfère intégrer des grosses évolutions dans des versions de leurs navigateurs, dont les versions sont publiées moins d'une fois par an. A titre d'exemple, entre les versions 6 et 7 d'Internet explorer, il s'est écoulé 5 ans. Du point de vue de Google, une lenteur ducycle de développement entraîne un fossé technologique qui n'est pas compatible avec une évolution du web incessante. Pour s'assurer de la mise à jour rapide de son navigateur, les développeurs ont écarté l'opération humaine de ce processus en incluant un mécanisme de mise à jour automatique silencieuse. Chrome est en permanence à jour, sans intervention de l'utilisateur, qui n'est même pas informé du processus. Cette mise à jour permanente renforce la sécurité du navigateur22. Parallèlement, Google promeut un App Store qui permet d'ajouter de nombreuses possibilités et services via des extensions, applications et jeux. Enfin, pour s'adapter à la croissance du marché de l'internet mobile soutenu par la diffusion massive de smartphoneset de tablettes, Google a décliné Chrome pour Android et iOS.

Ainsi, le navigateur a vu ses parts de marché augmenter de plus de 0,5 % par mois, mettant progressivement les plus grands concurrents en situation difficile. Fin 2011, selon certains sites d'analyse, Chrome a une part de marché supérieure à celle de Mozilla Firefox23. Ce choc médiatique est d'autant plus grand lorsqu'en mai 2012, il talonne Internet Explorer et le dépasse périodiquement, jusqu'à avoir raison de lui pendant l'été, devenant ainsi le navigateur le plus utilisé au monde.

Historique des versions[modifier]

Légende :

  •      Ancienne version
  •      Version stable actuelle
  •      Version bêta actuelle
  •      Version dev actuelle
afficherHistorique des versions

Google Chrome Canary, la version Alpha du logiciel[modifier]

Depuis 2010 pour Windows, 2011 pour Mac OS et enfin 2013 pour Android, la version Alpha de Google Chrome est disponible en téléchargement sur le site officiel de Google sous le nom deGoogle Chrome Canary. Tout utilisateur averti de l'instabilité particulière de cette version du logiciel peut désormais utiliser les dernières fonctionnalités en cours de développement39. Google Chrome et Google Chrome Canary peuvent être exécutés simultanément. Cette version alpha de ce logiciel est partiellement en français40.

Aspects du navigateur[modifier]

Interface graphique[modifier]

Zone d'affichage, barres multiples, ascenseur, menu et favoris.

L'aspect du logiciel de Google se conforme aux logiques d'esthétisme des fenêtres des systèmes d'exploitation dans lequel il est installé. Quel que soit l'environnement, le design se veut simple et épuré6, selon l'habitude de son concepteur41. Sous Microsoft Windows, Chrome applique l'interfaceLuna (en) de Windows XP et Windows Aero de Vista et 7. Sous Mac OS X, Chrome se fond également dans l'interface.

Structurellement, les fenêtres de Chrome conservent une structure similaire aux principaux navigateurs concurrents. L'interface utilisateur est composée d'une zone d'affichage gérée sous forme d'onglets. Les pages de format spécial sont manipulées à l'aide de barre de défilement. Les fonctions page précédente, page suivante, actualiser, page d'accueil, et ajouter aux favoris restent aux emplacements traditionnels.

Google apporte cependant plusieurs innovations dès la première version : premièrement, les barres d'outils et de menu sont réduites à deux icônesdans le coin supérieur droit ; deuxièmement, la barre de titre reste toujours vierge ; et enfin, les barres d'adresse et le champ de recherche fusionnent au profit d'une barre intelligente, dite omnibox. Pour les langues dont l'écriture s'aligne à gauche, l'interface graphique du navigateur est horizontalement inversée.

Le comportement du logiciel est par ailleurs très plastique. Il est possible de « sortir » un onglet pour en faire une fenêtre, et inversement, de fusionner des fenêtres en glissant les onglets dans une même fenêtre. Ceux-ci se repositionnent si l'utilisateur les place de manière inadéquate, et peuvent se rétrécir en les écrasant sur la gauche avec lasouris. Le navigateur tout entier peut être comprimé en une moitié d'écran si on laisse le pointeur cliqué sur le front, qu'on déplace la fenêtre entière sur le milieu des côtés de l'écran. Cette innovation sera reprise dans l'interface graphique de Windows 7.

Depuis la version 3.0, le navigateur offre une possibilité de personnalisation visuelle inédite, par le biais de thèmes téléchargeables et parfois conçus par des particuliers42. Lors du lancement de cette nouvelle version, 29 thèmes étaient utilisables43. Pour la version suivante, Google a sollicité plusieurs artistes pour étoffer sa galerie de thèmes, et 95 nouveaux skins ont été ajoutés44.

Dix exemples de thèmes appliqués au navigateur. Le premier est le thème original, présent depuis la première utilisation. Les trois suivants (de haut en bas : Vivienne Westwood / Matt W. Moore / Anna Sui) sont des thèmes d'artistes, et les suivants des thèmes créés par Google (de haut en bas : Desktop / Grass / Minimal / Brushed / Topography / Late Night).

Fonctionnalités et caractéristiques techniques[modifier]

Mode de navigation privée, caractérisée par la présence d'un espion et de la couleur assombrie.

Chrome a été conçu à partir de 25 bibliothèques de code différentes. Ces dernières proviennent de Google ou de tiers, tels que les bibliothèques « Netscape Portable Runtime », « Network Security Services », « NPAPI » de Mozilla, ainsi que la base de donnée SQLite et de nombreux autres projets open-source45. La machine virtuelle JavaScript a été considérée comme un projet suffisamment important pour que son développement et sa gestion soient assurés par une équipe distincte au Danemark coordonnée par Lars Bak à Aarhus.

Selon Google, les implémentations de JavaScript existantes ont été conçues « pour de petits programmes, où la performance et l'interactivité du système n'étaient pas si importantes » [réf. souhaitée], alors que les applications Web telles que Gmail « utilisent beaucoup plus le navigateur Web quand il s'agit de manipulations du DOM et de JavaScript » [réf. souhaitée]. De ce fait, le navigateur bénéficierait grandement d'un moteur JavaScript qui lui permettrait de fonctionner plus vite.

Comme la plupart des navigateurs, Chrome a été testé en interne avant sa mise à disposition des testeurs. Les tests automatisés ont affiché 99 % de réussite. Le fonctionnement des nouvelles versions du navigateur est automatiquement mis à l'épreuve sur des dizaines de milliers de sites Web fréquemment consultés à l'intérieur de l'index Google pendant 20 à 30 minutes4.

Chrome intègre par défaut Google Gears, une API permettant d'accéder tout en étant hors connexion à ses données (par exemple la suite bureautique en ligne Google Documents), et permet l'accès à des applications web hors du navigateur. Google Chrome emprunte également des fonctionnalités à ses concurrents tels un système d'accès aux favoris proche du Speed Dial d'Operaet une barre d'adresse intelligente appelée omnibox46, innovation majeure d'Opera déjà reprise par Mozilla Firefox à partir de sa version 3.0 et Internet Explorer 8. Depuis Google Chrome 4 Beta, le navigateur propose un gestionnaire d'extensions. Les extensions permettent d'ajouter des fonctionnalités en tout genre au navigateur.

Fin mars 2010, Chrome annonce son intention d'intégrer la technologie Flash d'Adobe dans son navigateur, ce qui a provoqué la déception de la communauté des logiciels libres, dénonçant une consommation de ressources importantes47 ainsi qu'une politique visant à maintenir le Flash comme indispensable pour une partie du web.

Chrome utilise :

Extensions[modifier]

Ajout de quelques extensions sur Chrome. Celles-ci se placent à droite.

Google Chrome dispose d'un système de gestion d'extensions (actif depuis la version 4 Beta) permettant d'ajouter de nombreuses fonctionnalités au navigateur. Cette fonction répond au manque critiqué depuis sa sortie. Les extensions permettent par exemple de bloquer la publicité des sites Web, d'afficher la météo, de fournir des outils d'aide au développement Web, etc. Les extensions se mettent à jour automatiquement et de façon transparente. Il n'y a pas besoin de redémarrer le navigateur lors de l'installation ou la mise à jour d'une extension.

Il est relativement facile de créer une extension pour Google Chrome car elles sont écrites avec les mêmes langages utilisés pour créer une page Web : le HTML et le JavaScript. Les extensions de Google Chrome sont lancées dans un processus indépendant. Ainsi, une extension boguée ne pourra pas faire planter le navigateur.

Google a mis à disposition une galerie d'extensions (= add-ons) dans plusieurs langues49. Le 4 mars 2010, la galerie en proposait plus de 3 00050. En plus des extensions, cette galerie permet de télécharger des nouveaux thèmes graphiques51.

Le mardi 20 avril 2010 a été détecté un cheval de Troie par l'équipe de BitDefender qui se faisait passer pour une extension de Google Chrome (Trojan.Agent.20577)52.

Applications[modifier]

Google ne veut pas simplement améliorer son navigateur avec l’apparition des extensions, il veut aller beaucoup plus loin en proposant une galerie d'applications, qui seront en réalité des sites internet qui répondent à des besoins et des services précis. Ces applications web sont logées dans un onglet épinglé[Qui ?] sur la gauche du navigateur, avec un logo plus gros. Elles feront leur apparition avec la version 7 ou 8 de Chrome ainsi que la première version de Chrome OS, et certaines seront accessibles hors ligne. Certaines seront gratuites, et d'autres payantes. Google prend une commission de 5 % sur chaque vente.

Internationalisation, équivalents clavier et autre[modifier]

Adaptation de Chrome dans l'ordre suivant : françaisanglophone (US), russe,chinoishindiarabehébreu.

Google Chrome est proposé au téléchargement en plus de 40 langues, qui peuvent être changées dans le menu Options53.

Liste des adaptations « régionales » :

  • Arabe
  • Bengali
  • Portugais (Brésil)
  • Bulgare
  • Catalan
  • Chinois (simplifié et traditionnel)
  • Croate
  • Tchèque
  • Danois
  • Néerlandais
  • Anglais (États-Unis/Royaume-Uni)

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